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Les Vautours du Verdon
[23/06/2009]

Reproduction, ponte et na..
[28/04/2009]

Petit historique
[24/03/2009]

23/06/2009 0:13
Les Vautours du Verdon  0 commentaire

LES VAUTOURS DU VERDON

 

Vautour fauve @frank.miramand_2111 copie.jpg


Ce printemps m’a offert l’occasion de faire quelques infidélités à mon couple de gypaètes et aux alpes du nord. Ainsi, décidé à profiter des vacances pour changer d’air et pour faire mentir les nombreuses personnes qui ont tendance à penser que je deviens un monomaniaque du gypaète, j’ai pris la route des alpes du sud pour aller rendre visite à d’autres vautours.

Le Verdon est connu pour ses gorges impressionnantes nées du travail de l’eau qui à sculpté la roche durant des millénaires.

 

pano verdon finale copie.jpg
Le Verdon

Ces roches calcaires ont longtemps fait la joie des nombreux grimpeurs qui fréquentent les lieux. Il faut dire que le climat est agréable, le cadre est magnifique et les escarpements font plusieurs centaines de mètres de haut.


C’est justement la présence de ces gorges calcaires, sous un climat relativement chaud qui à motivé le choix du site pour la réintroduction de vautours. L’attrait touristique conféré par le balai aérien de rapaces, dépassant les 2,60 m d’envergure, fut une motivation supplémentaire…

J’attendais avec hâte cette première rencontre avec les vautours du Verdon.et à 150 km de cette « terre promise », la sagesse me conduit à céder le volant à ma compagne, mes yeux ayants de plus en plus tendance à préférer le ciel à la route.

J’avais glané pas mal d’informations au préalable (les vacances ça se prépare…) et avais une idée assez précise du secteur où nous allions nous établir. Les deux premiers jours furent consacrés à une prospection précise et rigoureuse : secteurs fréquentés par les oiseaux le matin, emplacements du soir, camping bien situé désert mais avec piscine, et surtout de bons restaurants dans un rayon de 20km.

La première sortie fût productive, non pas en terme de photo mais en observations : Vautours fauves (Gyps fulvus), Vautour moine (Aegypius monachus) et même un percnoptère d’Egypte (Neophron percnopterus.)

Vautour fauve@frank.miramand_2321 vert copie.jpg
Vautour fauve (Gyps fulvus)

Le site me rappel le sud des Pyrénées espagnoles, tant par le climat (que calor !!!) l’aridité des paysages et la couleur des roches, que par la densité des oiseaux et la variété des espèces (il ne manque que le plus beau…non j’en parlerai pas.)
Les jours suivants m’ont permis d’acquérir une meilleure connaissance des sites convoités par les vautours en fonction de la position du soleil.
En effet ces charognards étant tributaires des carcasses, ils doivent pouvoir prospecter de grands domaines tout en limitant la dépense d'énergie. La taille de ces remarquables planeurs
tient au fait qu'ils utilisent l'air chaud ascendant pour pouvoir s’élever dans les airs sans le moindre effort (on dit qu’ils «pompent".)

 

Vautour fauve@frank.miramand_2789 copie.jpg
Vautour fauve (Gyps fulvus)


Ainsi les Vautours peuvent passer plusieurs jours sans s'alimenter et continuer à parcourir plusieurs centaines de kilomètres par jour. Mieux encore, plus le dernier repas est éloigné, plus l'oiseau sera léger et pourra étendre son domaine de prospection, augmentant ainsi ses chances de trouver à manger. A contrario, un Vautour qui vient de s'alimenter aura tendance à être moins mobile.


Les falaises sur lesquels j'avais jeté mon dévolu étaient exposées plein est. Faces au soleil elles offraient de bonnes conditions aérologiques matinales. De plus une colonie d'une vingtaine de Vautours fauve nichait ici. Aux jumelles j'ai pu voire un nid occupé par un poussin sous l'œil protecteur d'un des adultes. Du coup, les allées et venues à cet endroit étaient régulières augmentant la fréquence des observations.


En vol, les vautours manifestent peu de crainte vis à vis de l'homme. Ils préfèrent s'approcher très près, parfois à moins de 5 mètres, plutôt que de modifier leur trajectoire, afin de profiter au mieux des courants d'airs.

Vautour fauve @frank.miramand_2949 copie.jpg
Vautour fauve (Gyps fulvus)

Lorsqu’ils frôlent l’observateur, le déplacement d’air provoqué par ces géants pouvant peser jusqu’à 7 kg, provoque un bruissement impressionnant. Les vautours fauves étant rarement solitaires le passage d’un oiseau est souvent annonciateur d’un spectacle qui n’a rien à envier à la patrouille de France.


Vautours fauves (Gyps fulvus) volant en formation.


Leur stratégie pour trouver de la nourriture étant basée sur leur nombre, les vautours fauves  sont grégaires. Habituellement quand un vautour trouve une ascendance, il utilise celle ci pour prendre de l'altitude. Selon la température de l'air, cela peu prendre plusieurs minutes, mais tôt ou tard il file droit dans une direction pour rejoindre un point donné. Tandis que lorsqu'un individu repère une carcasse, il plane au dessus durant des heures pour inspecter le sol et repérer d'éventuels dangers (les oiseaux répugnent à se poser à même le sol.) Un congénère observant ce manège ne sera pas dupe et viendra vite se joindre à lui. Un troisième accompagné de quelques amis ne tardera pas. Au fil des heures l'escadron grossi, annonçant l'imminence d'une curée durant laquelle il faudra désormais s'imposer pour trouver sa pitance...le groupe présente aussi des inconvénients.


Parmi les nombreuses heures durant lesquelles je suis resté posté j’ai eu la chance de pouvoir observer à plusieurs reprises un Vautour moine. Cette espèce, plus grande que le fauve, est passée au bord de l’extinction. Contrairement à son cousin qui vit en groupe et qui niche dans les falaises, le moine vit en solitaire (sauf durant la période de nidification) et niche sur des arbres (tu avais raison Sylvain.)

Vautour moine@frank.miramand_2145 copie.jpg
Vautour moine (Aegypius monachus)

L’espèce est encore très rare. Si depuis le début de leur réintroduction (1999) les vautours fauves ont atteint une population de plus de 100 individus dans le Verdon, le vautour moine ne compte à peine une trentaine d’individus dans les Alpes du sud.


Vautour fauve (Gyps fulvus) en bas volant avec un Vautour moine (Aegypius monachus) au dessus.


Après 10 ans, grâce au travail de quelques passionnés, les deux espèces planent à nouveaux au dessus du Verdon. J’ai eu la chance et le plaisir de pouvoir observer ce spectacle durant quelques jours et je souhaite à tout le monde de pouvoir un jour y assister. Mais ces charognards sont vulnérables et ne font pas l’unanimité.
Gageons que l’avenir leur réserve une place à leur mesure dans un ciel qui prend toute sa dimension quand le balai des planeurs commence.

Pour voir l’album

 
Pour en savoir plus

 


28/04/2009 20:53
Reproduction, ponte et naissance...  2 commentaires

Le couple de Sixt a été observé quelques fois en train de se reproduire au début de l’hiver. J’ai pu assister pour la première fois à ce spectacle alors que les deux oiseaux étaient à proximité de l’aire qu’ils occuperaient bientôt, et que je les observais à la longue vue. Après quelques vols synchrones, durant lesquels les oiseaux volent en se frôlant les ailes, nos deux tourtereaux…heu…volatiles se sont posés sur une vire suspendue au dessus du vide. Une courte séance d’épouillage et d’entretien du plumage (il s’agit de se faire beau) quelques courbettes à mademoiselle, et hop voila monsieur sur le dos de sa promise dans une position des plus instables. A croire que, paradoxalement, s’envoyer en l’aire n’est pas des plus faciles pour un oiseau... Sitôt l’union consommée, le mâle, pas peu fier de sa prestation, se perche à coté de sa dulcinée, le poitrail bombé, scrutant les alentours comme s’il attendait une ovation du bestiaire des lieux pour cette prouesse accomplie…en 10 secondes !!! Et oui, chez les Gypaètes les ébats sont aussi acrobatiques que brefs. Fasciné depuis des années par les Gypaètes, je terminais cette séance en ayant vécu une de mes plus belles observations et qui de surcroît venait de me réconcilier avec ma condition d’homme…

Le surlendemain, samedi 31 janvier, l’un des deux adultes était observé, couché dans le nid. La ponte venait de débuter.  A partir de ce jour le couple se relaiera durant toute la durée de l’incubation (environ 55 jours) de façon à maintenir l’œuf à des températures nécessaires à sa croissance.

 

Emplacement de l’aire :

 

localisation de l'aire dans la falaise

 

Le fait d’avoir pu dater avec précision cette ponte nous a permi d’estimer la période d’éclosion aux alentours du 26 mars. Des observations régulières ont révélé que la couvaison se déroulait bien, les deux oiseaux effectuant des relèves régulières, ce qui leur permettait d’aller s’alimenter à tour de rôle.

Fin mars, l’attitude des oiseaux a changé. L’adulte posé au nid se lève régulièrement et « tripatouille » dans le nid. L’œuf a sans doute éclos… Un petit est au nid. Il ne pèse que 250 gr à la naissance. Les 15 premiers jours sont déterminants. Passé cette phase critique ses chances de survie seront bien plus importantes.

15 Avril : Les adultes se relaient toujours pour ramener régulièrement de la nourriture à l’aire : marmottes mortes durant l’hiver sorties du terrier par les survivantes, patte de bouquetin pris dans une avalanche... Les adultes passent de longs moments perchés sur le bord du nid à tirer à grands coups de bec sur ces précieux butins et à nourrir un jeune poussin tapis dans le fond du nid…toujours invisible.

Affaire à suivre…


24/03/2009 21:33
Petit historique  0 commentaires

Le gypaète barbu est un rapace intriguant à bien des titres : une allure peu commune qui n’inspire pas forcément la sympathie. Des mœurs dont l’interprétation générait les légendes les plus incroyables. Et une taille impressionnante qui avait fait de lui un véritable « monstre des cimes ». Lorsque l’on connait l’image que les populations alpines avaient de l’Aigle royal qui mesure au maximum 2.30m d’envergure, on imagine ce qu’ils pouvaient penser de cet oiseau qui peut atteindre les 3m.

 

vieille gravure de gypaète

Source : asters

 

 Surnommé le « Phène des alpes » (le terme Phène issu de phénix illustre bien la connotation surnaturelle qu’on lui prêtait) il fut persécuté dans tout l’arc alpin. Victime de la chasse et de l’empoisonnement des grands prédateurs le gypaète disparut des alpes en 1916 (dernier gypaète abattu dans le val d’Aoste - Italie)

 

carte de repartition du gypaète

Source : Carte LPO

En vert : aire de répartition du Gypaète au XIXe siècle

En jaune : aire de répartition actuelle (atlas marocain, Pyrénées, Corse, Crète, Grèce,  (Turquie : manque de données)

En rouge : réintroduction en court

 

Depuis 1986, date du premier lâché en Autriche, ce grand vautour fait son retour dans nos montagnes. Exclusivement charognard il ne présente aucun risque pour les troupeaux. Bien au contraire, son régime alimentaire constitué à 90% d’os et de tendons, en font un formidable équarisseur naturel, limitant ainsi les foyers d’épidémies.

Les oiseaux réintroduits sont nés en captivités dans des zoos ou dans des centres d’élevage. A l’âge de 3 mois (ils ont déjà leur taille adulte) ils sont substitués à leurs parents pour êtres placés par deux dans une aire artificielle, sur un site de réintroduction. Ils s’envoleront 1 mois plus tard mais resteront encore plusieurs semaines à proximité du site. Lâchés au début de l’été ce n’est qu’en automne que les jeunes gypaètes partiront, chacun de leur coté, pour un long périple à la recherche d’un partenaire et d’un territoire. Adultes à 7 ans les gypaètes vivront en couple et se sédentariseront alors.

La première reproduction en liberté à eu lieu en 1997 marquant ainsi une étape déterminante dans le programme de réintroduction international lancé à peine plus de 10 ans auparavant.

Actuellement moins d’une vingtaine de couples reproducteurs sont établis dans l’arc alpin dont 3 en Haute Savoie.

Le couple installé dans le haut Giffre est composé de Haute Savoie Mont Blanc(BV361), le mâle, réintroduit en 2000 en haute Savoie et de Véronika(BV321), la femelle, réintroduite en 1999 en Italie.

Cette année est leur troisième tentative de nidification. Il y a deux ans ils avaient amené un œuf jusqu’à l’éclosion, mais le jeune n’avait alors vécu qu’une dizaine de jours (maladie ? chute ? Prédation ?...)

L’année dernière des relèves dans une aire semblaient indiquer que le couple avait de nouveau pondu, mais suite à des conditions météos très mauvaises (l’aire était située à plus de 2000m) la couvaison n’est pas arrivée à terme.

Espérons que 2009 sera plus favorable…

 



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